Une exposition qui se construit peu à peu
Une exposition commence bien avant l’accrochage.
Dans l’atelier, les œuvres sont encore entourées de tout ce qui accompagne leur création : outils, matières, essais, reprises et pièces en attente. Mais à mesure que la date approche, le travail change progressivement de nature.
Pour Matières en dialogue, Rajmanee Sukhoo présentera ses sculptures et ses céramiques aux côtés de Jean-Yves l’Onflé, du 5 au 12 septembre 2026, à L’École d’Art La Pointe Tamarin.
Il ne s’agit donc plus seulement de créer. Il faut maintenant terminer, sélectionner, préparer les supports et commencer à imaginer comment chaque œuvre trouvera sa place dans l’exposition.
Les dernières œuvres sortent du four
Aujourd’hui marque une nouvelle étape : Rajmanee récupère les dernières œuvres sorties du four.
Jusqu’ici, certaines pièces étaient encore en cours de transformation. Après la cuisson, elles peuvent enfin être découvertes dans leur état définitif.
Les couleurs apparaissent réellement, les surfaces changent, les textures se révèlent et certaines réactions de la matière ne correspondent pas toujours exactement à ce qui avait été imaginé.
C’est aussi ce qui fait partie de son rapport à la céramique : préparer, expérimenter, attendre, puis découvrir ce que le feu a produit.
Ces dernières sorties du four marquent progressivement la fin du temps de fabrication et le début de celui de la préparation de l’exposition.
« Une exposition ne commence pas le jour de l’installation. Elle se construit dans l’atelier, dans les derniers gestes, les choix de supports et la manière dont chaque œuvre trouve sa place. »
Préparer les socles
Présenter une sculpture ne consiste pas simplement à la poser dans un espace.
Rajmanee a également préparé elle-même les socles qui accueilleront certaines œuvres pendant l’exposition. Elle les a construits puis peints en noir et a complété certains supports avec du bois également noir.
Ce choix permet de créer une base sobre qui s’efface visuellement devant les œuvres.
Le noir met davantage en valeur les volumes, les matières et les couleurs tout en créant une cohérence entre les différentes pièces présentées.
La préparation de ces socles fait donc pleinement partie du travail de l’exposition. Leur hauteur, leurs proportions et leur position influencent directement la manière dont une sculpture sera regardée.

Monter et présenter les œuvres
Certaines sculptures demandent un support plus spécifique.
Rajmanee a notamment choisi de monter une sculpture blanche sur un morceau de bois. Le contraste entre la surface claire de la sculpture et la présence plus brute du bois modifie immédiatement la manière dont la pièce se présente.
Le support permet de donner une assise à l’œuvre, mais aussi de définir sa hauteur et sa relation avec l’espace qui l’entoure.
À ce stade, l’œuvre n’est donc plus seulement pensée pour elle-même. Rajmanee commence aussi à observer comment elle sera vue par le visiteur.

Composer l’ensemble
Une fois les œuvres terminées et les supports préparés, une autre réflexion commence.
Toutes les pièces ne peuvent pas simplement être placées côte à côte.
Rajmanee observe les volumes, les hauteurs, les couleurs et les matières. Certaines sculptures se répondent naturellement. Certaines céramiques créent des contrastes intéressants. D’autres œuvres ont besoin de davantage d’espace autour d’elles.
Elle doit également penser à la rencontre avec les peintures de Jean-Yves l’Onflé.
Le titre Matières en dialogue prend alors tout son sens : peinture, sculpture et céramique ne cherchent pas à se confondre, mais à créer des correspondances entre formes, textures, gestes et matières.
Les derniers préparatifs
À mesure que le 5 septembre approche, les gestes changent.
Les dernières œuvres sortent du four.
Les socles sont terminés.
Certaines sculptures trouvent leur support.
Les pièces sont regroupées, observées et préparées pour leur présentation.
Ce sont des étapes que le visiteur ne verra probablement jamais une fois l’exposition ouverte.
Pourtant, elles jouent un rôle essentiel dans ce qu’il découvrira ensuite.
Petit à petit, l’atelier commence à laisser place à l’exposition.

De l’atelier à l’exposition
L’installation marquera la dernière étape de cette préparation.
Les œuvres quitteront l’environnement dans lequel elles ont été créées pour rejoindre un espace commun, où sculptures, céramiques et peintures pourront enfin se rencontrer.
Ce qui se prépare aujourd’hui dans l’atelier prendra alors une autre dimension : celle de la rencontre avec le public.
Du 5 au 12 septembre 2026, Matières en dialogue réunira Rajmanee Sukhoo et Jean-Yves l’Onflé à L’École d’Art La Pointe Tamarin.

